Edito
Les croyances à la croisée des chemins.
Dans toutes les cultures et aires de civilisation à l'échelle de l'humanité, les sociétés ont élaboré au fil du temps des mythes, des légendes pour forger une cosmogonie et se donner une vision cohérente du monde et des différents phénomènes de la nature. Les découvertes scientifiques et technologiques ont contribué au recul de certaines croyances. Mais la loi d'airain de certaines superstitions continue de hanter les esprits.
Dans certaines sociétés d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, le sacre imprègne la vie quotidienne dans ses diverses manifestations. Il en est ainsi des castes d’artisans chez les Mandeka, un peuple d’Afrique de l’ouest. Les forgerons, héros civilisateurs, revêtent un caractère sacré. Détenteurs de savoirs occultes, ils excellent dans la géomancie. Le forgeron confectionne les masques, des armes et des instruments agricoles. Il est guérisseur, gardien des fétiches et des autels de cultes, chef de société d’initiation et chargé de l’enseignement des connaissances. Les croyances des populations et leur adhésion aux esprits des ancêtres lui confèrent une fonction sociale incontournable. Car c’est grâce aux forgerons, à travers les rites de circoncision que l’individu accède à la vie sociale.
Les croyances ont également une dimension spirituelle et religieuse. Dans le contexte actuel de crise idéologique, nous assistons à une floraison de groupes et sectes religieuses, voire des mouvements intégristes de tous bords. Ces forces religieuses ambitionnent de combler le vide et le désarroi des populations face aux misères économiques et sociales. Les pouvoirs politiques instrumentalisent également la religion à des fins de domination et d’intérêts géostratégiques. Un exemple illustratif est le cas de l’agression militaire de l’Afghanistan et de l’Irak par les Etats Unis et leurs alliés, sous le couvert de lutte contre le terrorisme islamiste. Les croyances constituent donc des enjeux politiques et idéologiques dès lors qu’elles sortent du cadre de l’espace privé.
Les treizièmes journées du film ethnographique focalisent les regards sur ce thème d une actualité brulante. Les séances de projections, et les débats sur les films, les expositions et les concerts vont contribuer à nourrir les échanges et les réflexions loin des clichés réducteurs et des stéréotypes. En cela, l’Association l’Autre reste fidele à son credo fondamental : la convivialité et le dialogue dans le respect mutuel.

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